(L) Extrait de « Le Jeune Homme » (François Mauriac) :

mauriac

À ceci, d’abord, nous reconnaîtrons le jeune homme : l’indétermination. Il est une force vierge qu’aucune spécialité ne confisque : il ne renonce à rien encore ; toutes les routes l’appellent. Voilà le bref espace de temps où nous ne sommes condamnés à l’immolation d’aucune part de nous-mêmes, où Dieu peut-être consent à nous aimer, bien que nous servions deux maîtres — et ce n’est pas assez dire — d’innombrables maîtres. C’est le temps de la débauche et de la sainteté, le temps de la tristesse et de la joie, de la moquerie et de l’admiration, de l’ambition et du sacrifice, de l’avidité, du renoncement… Ce qui s’appelle un homme fait s’obtient au prix de quelles mutilations !

  • Le Jeune Homme, François Mauriac, éd. Hachette, 1926, Avant-propos, p. 10-11

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