(P) Nocturne (Léon-Paul Fargue) :

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Un long bras timbré d’or glisse du haut des arbres

Et commence à descendre et tinte dans les branches.

Les feuilles et les fleurs se pressent et s’entendent.

J’ai vu l’orvet glisser dans la douceur du soir.

Diane sur l’étang se penche et met son masque.

Un soulier de satin court dans la clairière

Comme un rappel de ciel qui rejoint l’horizon.

Les barques de la nuit sont prêtes à partir.

 

D’autres viendront s’asseoir sur la chaise de fer.

D’autres verront cela quand je ne serai plus.

La lumière oubliera ceux qui l’ont tant aimée.

Nul appel ne viendra rallumer nos visages.

Nul sanglot ne fera retentir notre amour.

Nos fenêtres seront éteintes.

Un couple d’étrangers longera la rue grise.

Les voix,

D’autres voix chanteront, d’autres yeux pleureront

Dans une maison neuve.

Tout sera consommé, tout sera pardonné,

La peine sera fraîche et la forêt nouvelle,

Et peut-être qu’un jour, pour de nouveaux amis,

Dieu tiendra ce bonheur qu’il nous avait promis.

{Léon-Paul Fargue (1876~1947) Poèmes, NRF, Paris, 1919}

Commentaires:

Une Réponse à “(P) Nocturne (Léon-Paul Fargue) :”

  1. annie rachel
    annie rachel écrit:

    Mélancolie, tendresse et sensibilité…

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