(P) Le pain (Francis Ponge) :

(P) Le pain (Francis Ponge) : dans POESIE pongeimages

 » La surface du pain est merveilleuse d’abord à cause de cette impression quasi panoramique qu’elle donne : comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s’est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, – sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente. Ce lâche et froid sous-sol que l’on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable… Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation. « 

 {Francis Ponge (1888~1999), Le Parti-pris des choses, 1942, Gallimard}

 

Commentaires:

Une Réponse à “(P) Le pain (Francis Ponge) :”

  1. unpeudetao
    unpeudetao écrit:

    Bonjour,

    ***
    La Bénédiction du Pain.

    Ô vous qu’on appela le pain vivant des anges,
    Bénissez, ô Seigneur, le blé de notre grange
    Pour nourrir une foule il vous suffit cinq pains.
    Grâce à vous le soleil a mûri le bon grain,
    Et le vent favorable a fait tourner les ailes
    Des moulins dont la meule a moulu ponctuelle.
    La braise chaude a cuit la pâte du pétrin,
    Et voici, fait de mie et de croûte, le pain,
    Pain de froment bluté, pain de seigle ou d’avoine,
    Qui nourrit l’empereur, le soudard ou le moine.
    Bénissez-le, Seigneur, donnez-lui la vertu
    De rendre de la force et des nerfs aux perclus,
    De ranimer les sens appesantis par l’âge,
    De soutenir les coeurs ardents et le courage,
    De garder sain l’esprit, de rendre les yeux clairs
    Et de faire couler un sang vif par les chairs
    D’un corps insoucieux de tout autre service
    Que celui du Seigneur. Votre main le bénisse
    Et que toujours il y en ait pour la besace
    Du pauvre qui, poudreux, sur la grand’route passe.

    Thomas BRAUN (1876-1961).

    Dernière publication sur Bien-être, du corps et de l'esprit, spiritualité.. Et la solidarité ! : Auteur anonyme : Un chrétien en prière

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